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 ADIEU À UNE DOUCE VIEILLE

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Auguste



Nombre de messages : 5
Date d'inscription : 11/02/2008

MessageSujet: ADIEU À UNE DOUCE VIEILLE   Jeu 9 Déc à 16:24

ADIEU À UNE DOUCE VIEILLE

Elle était douce, si douce qu’on aurait pu croire à de la soie ou au duvet d’une fourrure. Elle était son soleil. Elle était aussi sa fée, son ange. Elle avait un beau sourire et savait lui faire de si bons beignes !
Depuis le berceau, elle avait été sa tendre amie et sa complice; son lit douillet, son nid d’oiseau, son plus sûr refuge. Ses yeux étaient rieurs et tendres ses rires. Son sourire était bon et si chauds étaient ses bras.
Quand ses yeux se sont fermés et que furent closes ses paupières et après qu’on l’ait mise en terre à la fin d’un long été, le jour perdit son nom et sa lumière. En même temps que sa douce vieille en allée, un homme perdait son enfance.
Quand on a enseveli son corps, sous l’averse, c’est lui qui a eu froid. Mais s’il a tant pleuré, c’est qu’il pleurait sur lui.
Il y avait tant eu de tendresse, tant de joie entre eux qu’il est aujourd’hui encore en détresse sans elle qui n’est plus là.
« Je sais pourtant, se disait-il pour se consoler, que ma tendre amie sommeille, je sais aussi qu’elle me sourit encore. Jamais, jamais — je me le jure, je n’oublierai ses mains, ses yeux ni les mots de son cœur qui furent le livre de mes jours heureux. »
Il disait aussi, s’adressant cette fois à elle au moment de s’endormir :
« Tu n’as plus à t’inquiéter pour moi, grand-mère. Vois comme j’ai grandi ! MaIs, dis-moi : au bout de ton voyage, aurais-tu vu la mer ? Plus loin que les nuages, y a-t-il un jour plus clair ? Adieu, adieu, ma tendre vieille, ma complice et ma tendre amie ! Je sais pourtant que tu sommeilles, je sais aussi que tu souris. Jamais, jamais — je te le jure, je n’oublierai tes mains, tes yeux ni les rides à ton front qui furent le tissu de mes jours heureux. »
Elle avait atteint le port après un long voyage en mer, mais lui avait fait naufrage, s’échouant sur une île déserte et stérile. Et pendant qu’elle dort encore, il demeure sans nom, sans visage, sans âge. Il est maintenant seul, seul avec son enfance dont il porte toujours le deuil dans un très long silence
« Jamais, jamais — je te le jure, je n’ai oublié tes mains, tes yeux ni les chansons d’hier qui furent la symphonie de mes jours heureux. »
Et ce furent là les derniers mots de son ultime adieu, prononcés trente ans plus tard alors qu’il rendait son dernier souffle de vie.
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