Cercle littéraire de l'Encre noire

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 et si on parlait ?

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gamalinas



Nombre de messages : 1
Localisation : Levallois (92)
Date d'inscription : 04/10/2006

MessageSujet: et si on parlait ?   Jeu 5 Oct à 15:23

Le soleil me frappait tellement le visage que je ne pouvais qu'entrouvir les yeux. Le doux vent environnent poussait lentement comme par délicatesse mon petit voilier blanc vers une île verdoyante aux contours souilleux de sable écarlate. Je me délaissais de la barre pour commencer à descendre les voiles, en me disant qu'une fois cela fait je jetterais l'encre. Pendant que je manipulais les instruments de propulsion de mon esquif, un grondement vint occulter le souffle du vent sur les gréements. Alors je me retournai vers l'endroit d'où semblait venir ce lourd bourdonnement. À ce moment, aucun soleil de midi n'aurait pu m'empêcher d'ouvrir grand les yeux. Une vague gigantesque fonçait droit sur ma coquille de noix. Un gratte-ciel d'eau dont l'écume en son sommet pouvait faire penser que cette entité avait la rage. Tétanisé, je restais accroché à ma corde comme si j'attendais la fin. Me préparant en ne faiant rien d'autre que regarder... quand soudain, le réveil sonna. Déjà six heures trente. Il est temps de se lever et de partir pour une nouvelle journée de travail.
Je chassai loin de moi mes draps tout en quittant mon matelas. « Encore un de ces rêves qui termine en queue de poisson » m'exclamais-je tout en allant vers la salle de bain. Une fois prêt, je me dirigeais vers la porte de mon petit deux pièces, enffilais ma veste et ajustais mon noeud de cravate. J'eusse laissé le petit déjeuné pour arriver plus tôt au boulot afin de me tenir au courant de ce qui c'était passer la nuit et de pouvoir l'integrer dans le planning de la journée.
Le temps était radieux. Un beau mois de juillet. Le calme qui semblait se refletter sur le visage des passants me soulageais, comptenu des événement de la nuit, pourtant si commun mais toujours autant inquiétant.
Je saluais le garde aux portes de mon lieu travail. J'allais vers l'ascensseur et enfonçais le bouton trois. Arrivé à mon étage, les portes de fer s'ouvrèrent laissant apparaître le sergent Ihm. Il se tenait là, devant l'ascensseur, comme s'il m'attendait et qu'il savait que j'allais en sortir. Scène qui me laissa entendre vaguement l'emmergence de nouvautés durant la nuit. « Bonjour capitain » me souhaita-t'il comme à son habitude. Et comme à la mienne, je lui rendais l'appareil. « Quoi de neuf ? » continuais-je. « à minuit, on nous en a envoyé un. » il plaça la main en opposion de la fermeture des portes de l'élèvateur à personne. « c'est un pilote... Aprés vous. » en me désignant l'entrée de l'ascensseur. « ça fait à peu près sept heures qu'on l'a. » Ihm appuya sur le moins un, me regarda. « On lui a mis de la musique toute la nuit. En bref il n'a pas dormit une seule seconde. » Il plaça les mains dans ses poches de pantalon, en fixant les portes ne sachant plus trop quoi dire de plus. « euh si... c'est un capitaine et il a fais comme les autres... Il n'a rien dit encore. » Le moins un retentissa, et Ihm me précéda dans la sortie d'un pas décidé. « Il vous attend dans la salle six » Devant la fameuse pièce, se trouvait deux soldats. Le sergent ouvrit la porte, un des deux gardes passa en premier puis je fis mon entrée. Ce rituel se terminant constament par la fermeture derrière moi par le biais d'Ihm.
Il était assis sur sa chaise, face à une table d'un design plus que simple. Il regardait nulle part. Je ne sais pas si on pouvait dire qu'il semblait triste ? Aussi non, il avait l'air d'un pilote comme tous les autres.
C'est au moment où je m'atablais devant le prisonnier qu'il regarda autour de lui, comme si je l'avais réveillé de ses pensées en m'asseyant. « Vous pensiez capitaine ? » commençais-je. Il me regarda et sourria. « Non, je vous attendais. » Il essayait de se donner du courage en banalisant la situation et pour me narguer par la même occasion. Rien de très original. « Et si on parlait capitaine ? » Il haussa les épaules. « Pourquoi pas. J'ai le temps... moi. » Bien sûr, il poursuivait en s'auto désignant comme leader de la conversation, toujours dans la même optique. « quel est votre nom capitaine ? » l'homme pencha la tête sur le coté et fronça les sourcils comme pour se remémorer quelque chose. « c'est... 4,2,5,6,3,A,P,B. » Vu son attitude avant sa réponse, le contenu ne métonna guère. « Et votre prénom ? » Il me regarda fixement en approchant sa tête de la mienne. « Ben vous le savez ça... c'est capitaine. » Puis il revint à sa position d'origine. « vous avez tenté de bombarder la centrale électrique du fleuve. C'est bien cela ? » Il se mit à regarder le coin droit de la table, afin de me reléguer au second plan de la situation, et un peu pour ne pas m'affronter. « Et vous, vous avez tentez de nous en empêcher. » A présent, il fallait le remettre à sa place le pilote. « Et comptenu de la lumière qui régne ici, vous ne l'avez toujours pas eu cette centrale... encore un sacrifice vain... » 4,2,5,6,3,A,P,B haussa de nouveau les épaules « On ne peut pas gagner tout le temps. » Les présentations achevées, il me fallait la réponse à la question qu'on se posait depuis un mois maintenant. « d'où avez vous décollé ? » Il entamma un léger rictus en tournant la tête de droite à gauche. « Même moi je ne le sais pas. » Inquiètent ceci, c'est le sixième qui me répond ça. La base fantôme comme nous l'appelons, l'est aussi pour ses habitants apparament. « pourtant vous vous y êtes bien rendu à cet endroit ? » Poursuivant son geste de négation de la tête. « Oui, mais on nous avait endormis. » Réponse une fois de plus analogue à celle des autres. Ainsi, je n'en saurais pas plus sur le sujet aujourd'hui. Mais il doit certainement connaître quelque chose d'interessant. « Bien, je vais vous laisser, j'ai un rendez vous avec autre pilote, qui n'a pas voulu discuter hier. Tout comme vous vennez de le faire. On va voir s'il comprend mieux le langage de la douleur ? » je me relevais pour partir et fis signe au garde de le ramener dans sa cellule. « Le fond sonore de vos appartements vous convient il 4,2,5,6,3,A,P,B ? » L'air toujours serain il me répondit. « j'aime bien le heavy. Tant que c'est pas des discours patriotique , ça me va. » Une fois le prisonnier emmené, Ihm me rejoignit. « alors ? » Me dit-t'il. Son visage ne reflétait aucune espérance. Sa bouche préparait déjà son caractéristique soupir de désaroi qui allait de rituel avec cette question. Je suis sûr que par automatisme, quoi que je dise, ce soupir serait apparu. « Comme les autres. À croire qu'ils ne savent vraiment pas où est cet aérodrome. Et à la place de la musique, mettez lui un opéra de notre président sur l'effort de guerre. »
Quelle triste journée peu fructueuse. En plusieurs heures d'interrogatoire, je n'ai pu obtenir que des choses que nous savions déjà. Tous ces pilotes ne sont mis au courant de rien. Mon travail ne sert à rien. J'en suis dépité. Toutes ces mauvaises idées me vennaient constament dans le même endroit et moment : les courses au supermarché. Haut lieu de déprime pour moi à parament. Pendant que j'étais en train de règler mes lasagnes surgelées, je repensais au rêve de cette nuit. Il est vrai que mon quotidien est bien monotone et donc sans surprises. J'aimerais énormément qu'une vague vienne donner un peu de piquant et d'émotion à ma vie actuelle. J'adorais vivre dans l'incertitude du lendemain, comme quand j'étais pilote.
Après avoir terminer mon repas gastromomique comme il était écrit sur la boîte, je me dirigeais vers mon lit tout en défaisant ma cravatte d'un geste peu délicat et remplis de lassitude. Je me plongeais dans ces draps défaient de la veille ou peut être de l'avant veille voire plus encore. Le blanc plafon semblait plus me fixer que je le faisais, comme si je faisais partie des meubles de cette appartement sortide et que par conséquent, je pouvais causer avec mes semblable. Mais ce soir là, je n'avais pas envi de discuter. Alors je fis taire l'ampoule.
La soif se faisait tellement préssente, qu'elle cassa mon sommeil. Assis au bord de mon lit, je commençais à me frotter les yeux, encore engordis de fatigue. Après avoir posé un verre sur la table, je me retournais en direction du placard stockant les bouteilles d'eau. Une fois une de celles ci prise, tout en la débouchant, je repris le chemin de la table. À l'instant même où j'allais remplir mon verre, un acte totalement inexplicable se produisit : le verre bougea de quelques centimètres. Sur l'instant je ne compris point, comme un gardien de but pris à contre pied. Mais il me fallut moins d'une fraction de seconde pour entreprendre une évocation du surnaturel. En me reculant de la scène le visage ébahit, mon esprit se lança dans toute sorte d'explication raisonnable : rêve, fatigue surmenage... Reprise de conscience, qui me permettait de retenter l'experience. La triste hypothèse se confirma par ce nouveau déplacement pourtant impossible. « C'est mes amis les meuble qui me font une farce ? » les pointes d'humours baroque, réuississent bien à combattre l'anxièté chez moi. Mais cette fois il m'en aurait fallu bien plus. Surtout lorsqu'au dessus de moi une boulle blanche de fumée vint casser le régulier crème du plafond. Tout ceci se déroulait tellement vite que je n'eus le temps d'ésquisser le moindre mouvement. La sphère pris rapidement en s'étirant une forme humaine. Qui soudain sembla se décoller du plafond pour atterrire devant moi. Bientôt sa blancheur disparue, et laissa place à un homme normal tout en couleur.
« Et si on parlait ? » ce furent les premiers mots de l'étrange individu. Ses vêtements de pilote, et cette phrase auraient dû me faire réfléchir, mais mes sens monopolisaient tellemnt d'énergie, que rien d'autre ne pouvait être alimenté. « Tu connais cette introduction n'est-ce pas ? » La pression légèrement passée, je repris mes esprits. Et oui. C'est toujours comme cela que j'entamais un interrogatoire. « Tu te souviens de moi ? » Me lança t'il toujours immobile. « Oui, tu es 4,5,5,7,0,A,P,B. » Suréaliste ! Cet homme est mort il y a deux jours des suites de son mutisme. Serait-ce son fantôme qui vient se venger ? Cette pensée, me fit frissoner j'usqu'au plus profond de mon âme. Mais rien. Rien. Je restais tétannisé, accroché à ma bouteille, comme si j'attendais la fin... « Tu te souviens également de ce que tu m'as fait ? » puis il poursuivit. « Tu m'as tué. Et tu continu encore aujourd'hui avec d'autres. » Je ne savais quoi répondre. Vu mon manque de rétorique, il rebrisa le silence. « Ne gaspille plus ton energie en cette catastrophique besogne. Car on ne sait vraiment pas où se trouve cette foutue base... tu peux le dire à tes chefs ça ! » Un mort qui me parle. J'avais l'impression de sombrer dans la folie. Je me sentais transpirer de l'interieur, même si cette sensation est inconsevable. À présent plus rien ne me parraissaent absurde. Soit c'était vrai. Soit je devennais dingue, et je m'y soumettait par résignement. C'est à la fin de se raisonnement que je m'arrêtai de me taire. « Tu veux que je reconnaisse mes fautes ? » Il bougea enfin par un movement rapide des mains qu'il décolla du corps. « La logique voudrait que je te prenne ce que tu m'a pris. » Un spectre vient chez moi me menacer. Je pensais à ce moment que je n'avais plus rien à perdre. Il me fallait en savoir plus sur ses capacités. « Et bien tues moi ! » Il plaça ses mains derrière le dos, et fit un signe de négation de la tête. « Non. Avant je vais te terroriser
comme tu l'as fait avec moi. » Je ne désirais pas une vague comme cela, mais puisqu'elle était ici autant surfer dessus. « As tu réelement envie de te rabaisser comme je l'ai fait ? » Cette fois, il s'assilla sur la table. « N'essais pas de te défendre. » le pire c'est qu'il avait raison. « De toute mannière, toi aussi tu es soldat. Tu as aussi fait des choses peu morale... et certainement sans le savoir. Tu sais, à coté des usines il y a souvent des maisons et des écoles. » Il se contenta d'ocher la tête face à mes accusations, ce qui me permis de continuer mon monologue. « Cela fait sept ans que cette guerre dure, et on n'y compte plus les malsainités commises. Et personne n'en est innocent. Autant toi que moi? » A ces mots que je vennais de prononcer, j'y remarqué quelque chose. On était, et on sera toujours et tous coupable de cette misère engendrée par sept années de conflit. Mais pourquoi nous sommes nous jettés la dedans. Pourtant, l'humanité a l'experience des guerre et des tragédits qui s'y associes. Je me mis a regarder ce pilote , comme on regarde quelqu'un pour lui faire passer un message. Le jeune homme quitta la table pour s'approcher de moi. Sa main vint se poser sur mon épaule. Même si je ne la sentais pas, elle était lourde de sincérité et de réconfort. « Je vois que tu as compris à présent. Nos deux gouvernements ainsi que d'autres traditions sociales, nous ont obligé à réaliser des actions inhumaines. En fait, aucun de nous sur cette terre ne peut être blamé de ses propres méfaits, car ils en sont les auteurs mais pas la cause. » Que faire dans une telle situation. Comment s'échapper... Alors que nous étions debout, face à face, il me regarda droit dans les yeux. « Je suis en paix là où je suis... avec les autres. » Ces mots sonnèrent dans ma tête comme une réponse. Alors je posais la bouteille sur le sol, laissai mon compagnon pour aller chercher mon pistolet dans l'armoire de ma chambre.
Délire ou réalité. Peu importe l'origine de ce que je viennais de vivre, la seul importance, résidait dans la véracité et l'objectivité de cette découverte.
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-bao-
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Date d'inscription : 19/04/2006

MessageSujet: Re: et si on parlait ?   Lun 9 Oct à 13:00

J'aime beaucoup tes deux derniers témoignages, surtout celui du responsable des Rorquals.
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